Le Palais des Arts et de la Culture de Tanger – Un chef-d’œuvre… y compris dans ses tarifs ?
Peut-on vraiment croire qu’une décision gouvernementale, fraîchement publiée au Bulletin officiel, ait fait bondir les tarifs de location des espaces du Palais des Arts et de la Culture de Tanger ? S’agit-il d’une rumeur infondée… ou d’une réalité bien officielle ?
Depuis le 6 juin, serait-il vrai que la grande salle de spectacles se loue désormais à 30 000 dirhams par jour ? Oui, trente mille dirhams pour une seule journée ! Une multiplication par dix par rapport à l’ancien tarif de 3 000 dirhams. Est-ce une révision tarifaire ou un saut dans une autre dimension ? Le spectacle est-il livré avec un orchestre philharmonique personnel ? Ou les murs sont-ils désormais recouverts d’œuvres de maîtres ?
Et ce n’est pas tout. Peut-on croire que les deux petites salles soient à 7 000 dirhams, la salle de conférences à 5 000 dirhams, et les salles d’expositions d’arts plastiques à 3 000 dirhams la journée ? À ces prix-là, doit-on venir exposer en smoking et réserver ses places avec un conseiller bancaire ?
Face à ces chiffres, de nombreuses associations culturelles tangéroises ont-elles raison de s’indigner ? Ont-elles mal compris l’esprit de démocratisation culturelle… ou assistons-nous tout simplement à sa disparition ?
Et ce projet d’envergure, qui a coûté près de 210 millions de dirhams,, ne devait-il pas incarner un espace de création, d’expression et de partage pour toute la population ? Ou bien aurait-on dû, dès le départ, le rebaptiser : « Palais réservé à une élite artistique sponsorisée » ?
Finalement, la question centrale reste entière : le Palais des Arts et de la Culture de Tanger est-il encore un lieu au service de la culture pour tous, ou est-il devenu un temple inaccessible, où seuls quelques élus peuvent se permettre de créer ?


