Embellir la corniche de Tanger est noble. Offrir une vie digne à tous est aussi indispensable !
Alors, oui, embellir Tanger est une bonne initiative. Cependant, il serait peut-être judicieux de commencer par améliorer les conditions de vie de ceux qui habitent les quartiers oubliés.
L’annonce du futur réaménagement de la corniche suscite déjà beaucoup de discussions. Plans en main et promesses à l’appui, les autorités s’apprêtent à lancer un projet ambitieux visant à redessiner le front de mer pour le rendre plus fluide, moderne et… instagrammable. Mais pendant que l’attention se concentre sur les finitions de façade, une autre réalité urbaine persiste en silence.
Dans plusieurs zones de la ville, parfois à quelques pas du centre, des habitants vivent dans des conditions précaires : rues non pavées, absence d’assainissement. Ces contrastes flagrants rappellent que Tanger se développe à deux vitesses. D’un côté, des quartiers huppés en pleine métamorphose, aux allures internationales, avec leurs enseignes brillantes et leurs avenues impeccables. De l’autre, des poches d’habitat en souffrance, à mille lieues du confort promis par le développement économique.
Il ne s’agit pas de contester les efforts d’aménagement du littoral. Mais tant que le développement urbain repose sur une logique de façade, les inégalités spatiales continueront de s’aggraver. Embellir une ville, c’est bien. La rendre équitablement vivable, c’est mieux.



