Ce n’est pas le Maroc qui est trop cher… c’est d’y arriver par avion
Alors que l’été est à son apogée, une constatation s’impose pour de nombreux Marocains résidant à l’étranger : ils sont de moins en moins nombreux à revenir passer leurs vacances au pays. La raison est simple : les billets d’avion sont devenus inabordables.
Partir au Maroc en juillet ou en août est devenu un luxe. Dans certaines villes européennes, les billets aller-retour dépassent les 700 à 1 000 euros par personne. Pour une famille, cela représente parfois un budget de plus de 3 000 euros uniquement pour le transport. Nabil, un Marocain résidant à Lyon, explique : « J’ai fait les calculs : entre le vol pour moi, ma femme et mes deux enfants, et les bagages, je dépensais presque 3 200 €. J’ai annulé. »
Une fois au Maroc, la vie reste relativement abordable. Un déjeuner complet dans un restaurant moyen coûte entre 60 et 100 dirhams, soit 5 à 9 euros, bien en dessous des tarifs en France, en Belgique ou en Espagne, où un menu similaire peut facilement dépasser 15 à 25 euros. L’hébergement reste également compétitif, surtout en dehors des grandes villes touristiques. Salma, installée à Madrid, affirme : « Ce n’est pas le pays qui est cher. Ce sont les avions. Le Maroc reste largement plus accessible que l’Europe au quotidien. »
Beaucoup de MRE se souviennent encore de l’été 2021, lorsque des tarifs exceptionnels avaient été mis en place pour faciliter leur retour après la crise sanitaire. Aujourd’hui, ils espèrent une intervention des autorités pour que le lien avec le pays ne soit pas brisé par une simple question de transport. Omar, depuis Bruxelles, déclare : « On veut juste pouvoir rentrer sans se ruiner. On ne demande pas des billets gratuits, juste des prix humains. »
Les MRE aiment leur pays, y investissent, y retrouvent leurs racines et leurs familles. Mais venir au Maroc ne devrait pas coûter plus cher que des vacances à Dubaï ou New York. Tant que l’accès aérien restera aussi cher, le Maroc risque de voir de plus en plus de ses enfants passer l’été ailleurs, malgré leur attachement sincère.



