Place des Nations Unies à Tanger – Il ne manque que le sfenj croustillant et les brochettes fumantes pour en faire un souk improvisé
Ah, la place des Nations Unies, en plein cœur du boulevard Mohamed V… Autrefois point de rencontre, de balade ou de pause-café. Aujourd’hui ? C’est une autre ambiance. Depuis que cette place stratégique accueille une foire bruyante et encombrante, on se croirait transporté au souk d’un village un jour de moussem… Il ne manque plus que les brochettes de viande avec sa fumée pleine de graisse pour attirer l’attention et le vendeur de sfenj pour compléter le tableau.
Installée en plein centre, la foire déploie ses tentes, ses stands, ses enceintes à fond, et sa bande sonore répétitive du matin au soir. Musique assourdissante, haut-parleurs criards, animation continue : la place vibre, mais pas dans le bon sens. Les habitants du boulevard Mohamed V n’en peuvent plus, et les passants eux-mêmes écourtent leur traversée du lieu devenu irrespirable.
Et pourtant, Tanger ne manque pas d’espaces alternatifs. Pourquoi choisir le cœur du centre-ville, à deux pas des hôtels, des cafés et des logements ? Cette place n’est tout simplement pas adaptée pour accueillir des foires ou des festivals bruyants. À croire qu’aucune réflexion n’est menée en amont, et que seule la visibilité prime, au détriment du bon sens… et du bon voisinage.
Cela fait plusieurs éditions qu’on constate le même scénario : bruit, désordre, inconfort… et aucune prise en compte du cadre urbain ni de la qualité de vie des habitants. Faut-il vraiment rappeler que vivre en centre-ville ne devrait pas être une punition sonore ?
La culture populaire a toute sa place à Tanger, mais pas au beau milieu d’une artère saturée, transformée sans ménagement en foire à tout. Il serait peut-être temps de réfléchir à une vraie stratégie événementielle, où l’animation ne rime pas avec nuisance, et où les places emblématiques de la ville sont utilisées avec un minimum de logique.



