Coupe d’Afrique 2025 à Tanger – La ville est-elle prête à recevoir cet événement majeur ?
À un peu plus de trois mois de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, prévue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, la ville de Tanger continue de se préparer pour accueillir ce grand rendez-vous sportif continental. Sur le papier, les travaux avancent, les déclarations officielles rassurent, mais sur le terrain, plusieurs questions restent sans réponse.
Le Grand Stade de Tanger, Ibn Batouta, est sur le point d’être livré. Avec 98 % des travaux déjà achevés, l’essentiel est fait. Les espaces intérieurs, vestiaires, salles de conférence, installations médicales et loges VIP, sont désormais prêts à accueillir joueurs et visiteurs. Le terrain, lui aussi, est fin prêt. La livraison imminente de ce stade représente une avancée majeure pour la ville dans la préparation de la CAN.
Mais à côté de ces avancées techniques, des inquiétudes subsistent concernant la capacité de la ville à gérer l’afflux massif de visiteurs, supporters et délégations. Le trafic est déjà un problème dans certaines zones comme Boukhalef ou la route de Rabat, connues pour leurs embouteillages chroniques même en période creuse. Dans ce contexte, difficile d’imaginer une circulation fluide durant un événement de cette ampleur. Les autorités annoncent des plans de gestion, mais aucun détail concret n’a encore été partagé avec le public.
Du côté de l’hébergement, là encore, les promesses peinent à se concrétiser. Il avait été annoncé que de nouveaux hôtels ouvriraient leurs portes à l’occasion de la CAN, mais pour l’instant, aucun développement majeur n’a été observé. Les établissements existants pourraient donc se retrouver rapidement débordés, surtout si aucune alternative n’est mise en place.
Dans ses récentes déclarations, le maire de Tanger a affirmé que la ville “ne ménagera aucun effort pour être à la hauteur d’événements internationaux” comme la CAN ou la Coupe du Monde 2030. Mais sur le terrain, cette volonté affichée ne semble pas vraiment se traduire en actions visibles. Cette déconnexion entre les discours politiques et la réalité du terrain alimente le scepticisme d’une partie de la population, qui préfère ne pas compter sur les déclarations, mais plutôt observer les faits.
Malgré tout, Tanger n’a pas dit son dernier mot. La ville dispose encore de quelques semaines cruciales pour redresser la barre et montrer qu’elle peut relever le défi. Il ne s’agit pas seulement d’organiser un tournoi, mais de faire en sorte que chaque visiteur reparte avec une image positive de la ville. Pour cela, il faut que toutes les composantes – infrastructures, logistique, transport, hébergement et accueil – soient prêtes et fonctionnelles.
La CAN 2025 est une opportunité en or pour Tanger, mais le compte à rebours a déjà commencé. Et chaque jour qui passe sans action concrète est un pas de plus vers le risque de ne pas être à la hauteur.


