Manifestations jeunesse Maroc : priorité à la santé et à l’éducation avant la CAN
Les manifestations de la jeunesse au Maroc secouent plusieurs villes marocaines. Porté en grande partie par des jeunes de la Génération Z, ce mouvement dénonce la situation préoccupante de deux secteurs fondamentaux : la santé publique et l’éducation nationale. À travers slogans, pancartes et publications virales sur les réseaux sociaux, le message est devenu clair : « La santé et l’enseignement avant la CAN ! »
Ce cri du cœur vise à interpeller les autorités sur les priorités budgétaires et politiques du pays. Si le Maroc s’apprête à accueillir la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en 2025, un événement sportif majeur mobilisant d’importants investissements, beaucoup de jeunes estiment que l’urgence se trouve ailleurs : dans les hôpitaux sous-équipés, les écoles délabrées, l’absence de personnel qualifié, et l’inégalité d’accès aux services publics.
Cette mobilisation aurait pu marquer un tournant citoyen majeur. Cependant, dans plusieurs villes, des débordements ont éclipsé les revendications. Jets de pierres, affrontements avec les forces de l’ordre, incendies de barricades, dégradations de biens publics, notamment des véhicules de police : ces actes isolés mais violents ont terni l’image d’un mouvement initialement pacifique.
Face à ces incidents, les fondateurs du collectif GenZ 212, qui a largement contribué à mobiliser la jeunesse sur les réseaux sociaux, ont exprimé leur regret profond. Dans une déclaration publiée dans les réseaux sociaux, ils ont appelé à « préserver le caractère pacifique » des manifestations, rappelant que « la violence dessert la cause et ne fait que justifier la répression ».
« Notre message est fort, notre colère est légitime, mais notre responsabilité est collective. Casser, c’est effacer nos propres revendications », écrivent-ils.
Les revendications portées par cette jeunesse ne sont ni nouvelles, ni illégitimes. L’état des services publics, notamment dans les zones défavorisées, alimente un sentiment d’abandon. La question n’est pas de s’opposer aux grands projets comme la CAN ou la Coupe du Monde 2030, mais de s’interroger sur leur coût humain et social, lorsque l’école ou l’hôpital du quartier manquent de tout.
Le droit à manifester est garanti par la Constitution marocaine. Il permet à chaque citoyen de faire entendre sa voix. Mais ce droit s’exerce dans la paix. Lorsque les rassemblements dégénèrent, les causes justes risquent d’être oubliées au profit du chaos.
De nombreuses voix, dans la société civile et le monde académique, appellent à écouter cette jeunesse, à ne pas la criminaliser, mais aussi à l’encourager à choisir la voie du dialogue et de la responsabilité.
La santé et l’enseignement sont effectivement des priorités nationales. Les jeunes l’ont rappelé avec force. Il appartient désormais aux autorités de prendre la mesure de cette colère – et à tous les citoyens, jeunes et moins jeunes, de veiller à ce qu’elle s’exprime dans le respect, pas dans la casse.

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