Bienvenue à Tang’Zzz – La saison des moustiques est ouverte… à Tanger
Tandis que Tanger affine ses aspirations de devenir un pôle touristique mondial, une autre forme de tourisme prospère : celle des moustiques. Bruyants, omniprésents, et surtout très audacieux, ces visiteurs inattendus envahissent les nuits tangéroises avec une détermination qui ferait pâlir les promoteurs les plus acharnés. Qui aurait cru que la ville deviendrait une destination de choix pour ces insectes en quête de nouvelles aventures nocturnes ?
Depuis plusieurs jours, les habitants mènent une guerre discrète, ou plutôt bourdonnante, contre ces escadrons de moustiques bien décidés à leur voler leur sommeil. De Beni Makada à la médina, en passant par Msala, Mghogha et même les quartiers dits « résidentiels », le moustique tangérois pique sans distinction sociale. Ici, la seule égalité assurée, c’est celle de la piqûre. Au moins, les moustiques respectent l’égalité des chances.
La mairie, quant à elle, semble en suspension. Pas de campagnes d’insecticide, pas de pulvérisations, pas même une déclaration pour calmer les esprits. Face à cette invasion miniature, la stratégie officielle semble être le silence… ou peut-être l’attente divine. En attendant, les Tangérois se débrouillent : sprays chimiques, citronnelle, huile de lavande, clous de girofle dans des coupelles, et bien sûr, la fameuse sandale arme ultime, érigée au rang de patrimoine immatériel. Après tout, qui a besoin de super-héros quand on a une sandale ?
Les réseaux sociaux s’animent également, mais pas pour les mêmes raisons : les habitants dénoncent l’inaction municipale avec humour, sarcasme et lassitude. « Faut-il désormais équiper les hôtels de moustiquaires pour rassurer les touristes ? » demande un internaute. Un autre soupçonne la mairie d’avoir secrètement lancé un programme écolo : « un élevage de moustiques pour promouvoir l’usage de répulsifs naturels ». Peut-être est-ce là une nouvelle stratégie pour booster le commerce local des répulsifs ?
Au-delà des moqueries, une véritable fatigue s’installe. Les foyers s’épuisent, les enfants dorment mal, et certains quartiers, avec leurs points d’eau stagnante ou leur assainissement aléatoire, deviennent des zones sinistrées à ciel ouvert. Le « droit au sommeil » devient peu à peu un droit fondamental revendiqué par les habitants.
Tanger mérite mieux qu’un remake estival de La Nuit des Piqûres. En attendant que les autorités se réveillent, les Tangérois poursuivent leur lutte : ils parfument leurs maisons à la citronnelle, posent des moustiquaires comme on érige des barricades, et vivent chaque nuit comme un combat de survie. Une bataille nocturne sans trêve, ni vainqueur.


