La mer rend hommage à ceux qui la servent – Une Journée célébrée à Tanger pour les invisibles du large
Ce 25 juin, sur les quais de Tanger-ville, le vent marin portait autre chose que le parfum salé des vagues, une reconnaissance longtemps discrète mais profondément méritée. La Journée Mondiale des Gens de Mer, célébrée dans cette ville carrefour entre deux continents, a pris une couleur particulière. Ni festivités tapageuses, ni discours interminables, mais une émotion palpable et un rare moment d’attention accordée à ceux qui vivent avec, par et souvent contre la mer.
Marins, pêcheurs, officiers de la marine marchande, mécaniciens embarqués, douaniers portuaires, sauveteurs en mer ou simples dockers du petit matin : autant de visages anonymes d’une chaîne maritime sans laquelle Tanger ne serait pas ce qu’elle est. Cette journée, souvent réduite à un communiqué officiel, a pris ici une forme plus incarnée.

« Célébrer La Journée Mondiale des Gens de Mer, c’est sensibiliser à la réalité du métier de marin et à ses exigences, mais aussi reconnaître sa valeur humaine et économique, » a déclaré« Il est donc nécessaire de reconnaître les efforts des marins, qui jouent un rôle essentiel dans le commerce international, et de continuer à faire progresser le secteur maritime, de la formation aux opérations, de la mer au port. »
Il a également souligné que plus de 80 % des échanges mondiaux transitent par voie maritime, ce qui signifie que presque tout ce que nous consommons ou utilisons a été transporté à un moment ou à un autre par navire. « Derrière chaque cargaison, chaque conteneur, chaque escale réussie, il y a des femmes et des hommes engagés qui assurent, quelles que soient les conditions, la perpétuité du transport maritime, la sécurité des équipages et la prouesse des opérations, » a-t-il affirmé.
M. El Ouardi a par ailleurs salué la contribution de la marine marchande marocaine à cet effort mondial, soulignant que ses compétences et son ancrage historique participent activement au rayonnement économique du Royaume. « Dans les ports marocains, comme celui de Tanger-ville, l’expertise des équipes portuaires et maritimes garantit chaque jour la fluidité des manœuvres, la sécurité des navires et l’efficacité des liaisons commerciales, » a-t-il conclu.
Des témoignages ont été partagés, sans filtre ni fioriture. Un ancien capitaine tangérois a raconté, la voix tremblante, sa première traversée du détroit en pleine tempête. Un jeune matelot, à peine sorti de l’école, a évoqué la dureté du métier et l’angoisse d’être loin des siens, même à seulement 14 kilomètres des côtes espagnoles. Un hommage sobre a également été rendu aux marins disparus en mer.
Dans les regards échangés entre professionnels, entre appels de corne de brume et grondements de ferries, on percevait ce que les discours n’ont pas toujours su dire : une profonde fierté d’appartenir à un monde rude, exigeant, mais vital.
À Tanger, cette Journée Mondiale des Gens de Mer qui a été instaurée par l’Organisation maritime internationale (OMI) en 2010 et reconnue par l’Organisation des Nations Unies, n’a pas été une simple date dans un agenda onusien. Elle a été un miroir tendu à une ville dont l’identité même est ancrée dans l’horizon marin, et un rappel que sans les gens de la mer, il n’y aurait ni commerce, ni mobilité, ni mémoire portuaire.




