L’architecte du réaménagement de la place El Faro à Tanger, relevé après une transformation jugée catastrophique
À Tanger, la réaction a été prompte. Suite à une vague de mécontentement exprimée sur les réseaux sociaux et dans l’espace public, les autorités ont pris la décision de relever l’architecte en charge du réaménagement de la place El Faro, également connue sous le nom de Sour el Maâgazine. Ce site historique, surplombant la mer, a fait l’objet d’un chantier sévèrement critiqué pour avoir altéré son caractère patrimonial.
Ce qui devait être une mise en valeur de l’espace s’est transformé en une défiguration manifeste. Les critiques ont afflué concernant des choix esthétiques jugés inappropriés, des matériaux dépourvus d’âme, et un nivellement grossier qui a complètement effacé l’essence du lieu. Face à ce tollé, le wali de la région, Younes Tazi, s’est rendu sur place juste après l’Aïd pour évaluer l’ampleur des dégâts. Il a ordonné de décharger l’architecte, affilié au bureau d’études responsable, de cette tâche. Le Wali a lancé la reprise immédiate des travaux sous la supervision d’une nouvelle équipe technique. L’objectif est de restaurer le site dans le respect de son histoire et de son esthétique.
Cependant, ce scandale met en lumière un problème plus large. Dans de nombreuses zones de Tanger, la qualité des réaménagements urbains laisse à désirer. Les chaussées récemment rénovées montrent déjà des signes de négligence : revêtements rapiécés, finitions bâclées, matériaux inadaptés et couleurs mal choisies, accentuant visuellement la saleté. Dès le premier regard, les trottoirs et routes rénovés semblent déjà vieillis et incohérents avec leur environnement immédiat.
Ces lacunes renforcent un sentiment de frustration parmi les citoyens, qui dénoncent l’absence de contrôle rigoureux, des projets réalisés sans concertation, et un manque de considération pour le patrimoine et l’image de la ville. L’exemple de la place El Faro n’est que la partie émergée d’un problème plus profond : moderniser Tanger ne doit pas se faire au détriment de son identité ni de sa qualité de vie.
Il est urgent d’instaurer une culture de la qualité dans les chantiers publics, avec un suivi technique rigoureux, une transparence dans les choix esthétiques, et une véritable écoute des attentes des citoyens. Car Tanger possède une beauté et un potentiel indéniables, mais elle mérite d’être traitée avec plus de soin, de vision… et de respect.


