Tanger et la CAN 2025 – L’inquiétude grandit autour du retard du Stade Ibn Batouta
Alors que l’article publié hier posait une question centrale. « Tanger est-elle prête à accueillir la Coupe d’Afrique des Nations 2025 ? », la réponse semble se préciser… mais pas dans le sens espéré. Un nouveau rebondissement vient troubler l’élan des préparatifs : le report de la livraison du grand Stade Ibn Batouta, pourtant au cœur de l’événement, ravive les inquiétudes des habitants et remet en question le rythme de la transformation urbaine de la ville.
Tanger, considérée comme l’un des pôles majeurs de la CAN 2025, misait sur l’achèvement du stade Ibn Batouta comme vitrine de ses ambitions. Or, les autorités locales, sur instruction du ministère de l’Intérieur, ont pris la décision de suspendre tous les travaux de construction illégale ou d’ajouts dans les quartiers environnants. Cette mesure, rapportée par plusieurs sources dont le quotidien AL-AKHBAR, s’inscrit dans une logique de sécurisation du périmètre et d’uniformisation urbaine, mais elle met en lumière un retard évident dans les grands travaux d’infrastructure.
Le report de la livraison du stade, bien que non officiellement annoncé comme définitif, suscite un malaise dans la population. Pour beaucoup, l’aménagement des voies d’accès, des parkings, des zones de service ou encore de la signalétique n’est pas à la hauteur d’un événement international de cette ampleur. Le chantier semble avancer, mais les délais initiaux deviennent de moins en moins réalistes à mesure que les semaines passent.
Au-delà du stade lui-même, c’est toute la zone urbaine environnante qui est concernée. Les habitants du quartier M’snana, voisin du complexe, redoutent des décisions prises dans l’urgence, sans concertation. L’arrêt des permis de construction et de surélévation des bâtiments, dicté par une volonté d’alignement esthétique et sécuritaire, affecte directement les riverains. Si l’objectif est compréhensible, préserver l’image de la ville, la méthode, elle, soulève des frustrations.
Cette situation crée un sentiment d’injustice. De nombreux Tangérois estiment que leur ville, souvent reléguée à l’arrière-plan par rapport à d’autres grandes métropoles du pays, aurait mérité une anticipation plus rigoureuse et un accompagnement plus transparent. Ils souhaitent voir leur ville rayonner sur la scène continentale, non pas à travers des promesses, mais via des réalisations concrètes.
La CAN 2025 est perçue comme une chance historique pour Tanger. Mais cette opportunité risque d’être ternie par un chantier mal coordonné et une communication floue. Alors que les regards sont tournés vers les tribunes qui accueilleront les supporters africains, le cœur de la ville bat au rythme des attentes non comblées de ses propres habitants.


