Tout est prêt pour les touristes à Tanger… sauf l’essentiel, notamment le transport touristique dans les normes
Malgré un patrimoine impressionnant et une renommée mondiale, Tanger peine encore à offrir une expérience touristique bien structurée. Avec des services de base et des infrastructures culturelles en attente, la ville semble avancer sans une vision cohérente. Voici un aperçu des défis concrets qui nuisent à son attractivité.
Tanger dégage un charme indéniable, avec un passé cosmopolite fascinant et une offre naturelle et architecturale exceptionnelle. Pourtant, malgré ses paysages enchanteurs et son histoire captivante, la ville ne parvient pas à fournir une expérience touristique fluide et cohérente. Plusieurs dysfonctionnements perturbent cette magie.
Le plus criant reste l’insuffisance des moyens de transport adaptés et conformes aux normes du tourisme dès l’arrivée au port de Tanger-ville ou au port de Tanger-Med. Les visiteurs débarquent souvent sans trouver de navettes ou d’autocars touristiques officiels capables de les acheminer confortablement vers leurs hôtels ou destinations. Cette carence, couplée à des pratiques peu professionnelles de certains chauffeurs de taxi, tarifications imprévisibles, refus d’utiliser le compteur ou de faire certains trajets, laisse une impression négative dès les premières minutes.
Cette faille dans l’accueil logistique est d’autant plus dommageable que les hôteliers eux, déploient de réels efforts pour satisfaire les touristes. Ils respectent les normes internationales d’hygiène, d’accueil et de confort, investissent dans la formation du personnel et modernisent leurs infrastructures pour offrir une expérience qualitative. Mais sans un transport fiable et conforme dès le débarquement, leurs efforts restent isolés, et l’image de la destination en pâtit.
À l’intérieur de la ville, d’autres insuffisances freinent encore le parcours du visiteur : le manque criant de toilettes publiques dans les zones touristiques majeures (médina, corniche, parcs) est inconfortable et peu digne d’une métropole touristique. Côté culturel, plusieurs infrastructures importantes sont en sommeil : le Théâtre Cervantes, magnifique centenaire historique, est en attente de réhabilitation depuis trop longtemps, et la bibliothèque du théologien, Abdellah Guennoun, promise à une rénovation rapide, reste fermée depuis plus d’un an et demi.
Par ailleurs, la communication institutionnelle pêche également par son manque de transparence et de visibilité, à l’image du déménagement des bureaux de la Délégation régionale du tourisme, réalisé sans campagne d’information, rendant difficile l’accès aux services pour les visiteurs et professionnels.
Enfin, malgré une richesse patrimoniale et naturelle indéniable, Tanger souffre d’une signalétique insuffisante et de circuits touristiques peu balisés, rendant la découverte de la ville moins intuitive.
Tanger possède indéniablement des atouts majeurs, son histoire unique, son identité vivante, son imaginaire cosmopolite, mais sans infrastructures et services de base pleinement opérationnels, elle peine à convertir ce potentiel en une expérience touristique cohérente et attractive.
Le transport conforme aux normes du tourisme, dès le débarquement au port, apparaît comme l’un des points clés à améliorer urgemment pour offrir aux visiteurs un accueil digne de leur attente et des efforts réalisés par les professionnels locaux. Tant que ce maillon essentiel fera défaut, Tanger continuera à séduire, mais sans jamais véritablement convaincre.


